GESTION DES RISQUES

PRÉSIDENT: Sébastien Poitras
Pitech Inc.


MANDAT

La gestion des risques est née au cours du XXe siècle de la nécessité pour les compagnies d'assurances d'être en mesure, en tout temps, de compenser les dommages encourus par ses assurés à la hauteur des obligations contractées. Il s'agissait donc principalement d'une analyse strictement économique du risque.

Les avantages évidents de cette méthode ont mené à de multiples raffinements et développements. Une méthodologie complète existe aujourd'hui, dont l'usage s'est adapté et étendu à des domaines aussi vastes et variés que la production manufacturière, la gestion de projet, les pronostics de santé et les campagnes de dépistage.

Selon l'Office québécois de la langue Française, la gestion du risque se définit comme un « ensemble des activités qui consistent à recenser les risques auxquels (une) entité est exposée, puis à définir et à mettre en place les mesures préventives appropriées en vue de supprimer ou d'atténuer les conséquences d'un risque couru. »

 

La gestion du risque au quotidien

Les membres de l'APIBQ sont régulièrement confronté(e)s à des situations, impliqué(e)s dans des activités ou des processus dans lesquels une méthodologie structurée, quantitative et répétable de gestion des risques serait la bienvenue. Par exemple :

  • Le contenu, la fréquence et la nécessité de faire des entretiens préventifs, particulièrement lorsqu'il s'agît de les déterminer en fonction de la performance attendue, dont dépend ultimement la sécurité des patients et des utilisateurs ;
  • Le moment adéquat pour remplacer un équipement, par opposition à poursuivre son utilisation et son entretien ;
  • La priorisation des efforts lorsque les ressources sont insuffisantes, et autres solutions alternatives ;
  • La dérive des mesures et des performances des appareils électromédicaux, leur calibrage et leur étalonnage par des firmes externes, les conséquences sur les traitements aux patients et leur utilisation par le personnel ;
  • Le partage de l'offre de service sur les équipements médicaux entre l'équipe interne à l'organisation et les fournisseurs externes, mettant en jeu la flexibilité, l'expertise, l'autonomie, la sécurité et les coûts – les défis d'obtenir la collaboration de certains fournisseurs en matière de documentation, de formation et d'accès aux menus de service des équipements ;

De plus, l'évolution des pratiques et des normes relatives à la sécurité électrique des équipements médicaux peut soulever des questions fondamentales du point de vue de la gestion des risques : réduction des exigences de tests, équivalence entre l'inspection spéciale et la certification-usine de l'ACNOR, responsabilités des fabricants et des établissements utilisateurs, etc.

Enfin, l'intégration de plus en plus poussée de la physique et du génie biomédical (PGBM) dans les projets de construction et de rénovation hospitaliers et d'aires de soins, conjointement avec le déploiement de bonnes pratiques de gestion de projet dans tous les établissements de santé du Réseau, exigent des professionnels participants auxdits projets de développer des plans de gestions de risques liés à leur implication et leurs livrables dans le cadre desdits projets.

À noter que la gestion des risques liés aux rayonnements ionisants, qui sont liés à un ensemble de risques majeurs et très spécifiques, est sous la responsabilité du comité de radioprotection de l'APIBQ.


Un contexte évolutif

Le cadre hospitalier et les technologies de la santé sont par nature évolutifs. C'est le contexte dans lequel travaille les membres de l'APIBQ. Ce milieu particulier contribue à pressuriser les processus et les professionnels qui les exécutent :

  • La population en général vieillit, requérant de plus en plus de soins ;

  • Les technologies médicales se développent rapidement, sont coûteuses d'acquisition et d'entretien, en plus de requérir une expertise complexe à développer et maintenir ;

  • Les ressources PGBM se font rares – comme dans bien d'autres secteurs, une pénurie de professionnels menace. De plus, le niveau de rétention du personnel et les coûts de formation liés aux embauches répétées sont problématiques.

  • Le niveau de miniaturisation et de complexité des composants internes des équipements rend leur entretien difficile, sinon impossible ;

  • Certains fournisseurs peuvent afficher une préférence à conserver une mainmise sur l'entretien de certains équipements, rendant même parfois la collaboration difficile avec les organisations qui préfèrent entretenir leurs équipements à l'interne ;

  • Le contexte financier ajoute une pression d'optimisation sur les équipes PGBM. L'équilibre entre la sécurité des patients et la gestion financière du parc d'équipement est fragilisé ;

  • La communication d'informations confidentielle à partir d'équipements médicaux sur des réseaux sans-fil, l'Internet, la protection des bases de données et la prise de contrôle de certains équipements contre des attaques informatiques sont des préoccupations qu'il est de plus en plus difficile d'ignorer et à propos desquelles l'APIBQ doit se questionner.


Le comité de gestion des risques de l'APIBQ

Il apparaît évident qu'intégrer la gestion du risque dans nos pratiques est un élément-clé du succès des équipes PGBM.

Le comité de gestion des risques se donne pour mandat de trouver les meilleures façons d'y parvenir. Sa Mission :

  • Explorer les différents aspects de la gestion des risques dans les environnements et le travail des physiciens et ingénieurs biomédicaux ;
  • Développer des outils adaptés à la profession au Québec ;
  • Induire une culture de gestion des risques chez les physiciens et ingénieurs biomédicaux ;
  • Étendre cette culture aux professionnels partenaires dans le réseau de la santé, dont l'ATGBM.


Votre comité,

                               Mireille Larouche-Guilbert, ing. jr, ingénieure, CIUSSS Saguenay-Lac-Saint-Jean

                               Marc Brodeur, ing. jr, conseiller, CISSS Montérégie-centre

                               Sébastien Poitras, ing., consultant, Pitech biomédical inc., Laval